
Alpedrete de la Sierra n’apparaît pas dans les guides touristiques conventionnels et c’est précisément pour cette raison qu’elle reste l’un des secrets les mieux gardés du centre de la péninsule. A moins d’une heure de voiture de la capitale, l’érosion a sculpté un paysage de tours rougeâtres et ravins profonds qui semble transplanté d’un autre continent.
Ceux qui arrivent pour la première fois se demandent s’ils sont encore en Espagne. Les murs d’argile, aux tons allant de l’ocre au bordeaux, s’élèvent en formant des crêtes et des colonnes qu’aucun autre point des montagnes de Madrid ou de Guadalajara ne peut égaler. La comparaison avec le Grand Canyon est exagérée, mais pas gratuite: L’échelle est plus petite, l’effet visuel est étonnamment similaire.
Alpedrete, la ville qui donne son nom à un paysage martien
Le toponyme génère de la confusion car il existe un autre Alpedrete, une grande commune de la Communauté de Madrid. Mais ce qui est intéressant ici, c’est Alpes de la Sierraun petit district d’à peine trente habitants enregistrés appartenant à la municipalité de Valdepeñas de la Sierra, dans la province de Guadalajara. Là, entre les rivières Jarama et Sorbe, la géologie a fait le reste du travail.
Les ravines prennent naissance sur des sols argileux, des matériaux meubles et très vulnérables à l’érosion hydrique. Chaque pluie torrentielle continue de façonner le paysagece qui est photographié aujourd’hui ne sera donc pas exactement le même dans vingt ans. C’est littéralement un musée géologique vivant.
Le canon qui a déjà surpris d’autres médias
À Alpedrete et ses environs immédiats, le parallélisme avec les paysages de l’Ouest américain n’est pas une occurrence de cet éditorial. D’autres médias ont déjà baptisé la zone « le Colorado de Madrid » en raison de la couleur de la roche et de la disposition verticale de ses parois, près du canyon formé par la rivière Lozoya en traversant la Sierra de Ayllón. L’adjectif « exagéré » apparaît dans presque toutes les chroniquesmais aucun ne le nie complètement.
La vérité est que la combinaison de l’argile rougeâtre, du silence et de l’absence de surpopulation touristique permet d’obtenir quelque chose d’inhabituel à proximité d’une grande capitale : le sentiment d’une véritable découverte. Il n’y a pas de panneaux ni de cafés à côté du point de vuejuste le paysage et l’écho d’un vautour fauve survolant la crête.
Comment s’y rendre et quel itinéraire choisir en fonction de votre condition physique
L’accès le plus courant part du parking du barrage du Pontón de la Oliva, la plus ancienne infrastructure hydraulique du canal de Isabel II, construite au XIXe siècle. De là, un court parcours linéaire d’environ quatre kilomètres mène directement aux ravines, avec une pente notable mais acceptable pour les marcheurs ayant un peu de marche.
Pour ceux qui recherchent une expérience plus complète, il existe la variante circulaire d’environ douze à quatorze kilomètres, qui traverse plusieurs fois la rivière Lozoya et se termine en passant par la ville d’Alpedrete de la Sierra elle-même. Il est conseillé d’emporter un GPScar une partie du parcours n’est pas clairement balisée et le terrain devient glissant après la pluie.
Avant de partir : précautions et meilleure période de l’année
Le principal risque de cet itinéraire n’est pas la distance, mais le dénivelé au bord des ravines. L’instabilité du sol argileux rend il est déconseillé de regarder trop près de la falaisesurtout avec des enfants ou les jours de grand vent. Les chroniques des randonneurs réguliers insistent sur le fait d’entourer les formations au sommet sans s’approcher du bord.
Le printemps et l’automne offrent la meilleure combinaison de température et de lumière pour photographier la couleur rougeâtre de l’argile, tandis qu’en plein été, il est conseillé de partir tôt pour éviter l’exposition au soleil dans les zones sans arbres. Après des épisodes de fortes pluies il est recommandé de reporter la visitecar la boue complique la descente dans les ravines.
- Point de départ: parking à côté du barrage de Pontón de la Oliva.
- Distance: entre 4 et 14 km selon la variante choisie.
- Difficulté: bas-moyen, avec une section raide au début.
- Recommandation étoile: Partez en semaine ou tôt le matin pour profiter du silence des lieux.
L’avenir d’un paysage fragile qui commence à devenir populaire
L’intérêt pour ces lieux de la Sierra Norte de Guadalajara est croissant, favorisé par la recherche d’escapades proches de Madrid, loin du tourisme de masse. Ce même intérêt est aussi sa plus grande menace: L’argile est un matériau fragile, et chaque pas hors du sentier accélère un processus d’érosion que la nature est déjà chargée de gérer elle-même.
Les experts de la randonnée du coin s’accordent sur des conseils simples mais efficaces : Respectez les sentiers balisés et ne vous approchez pas du bord des ravins. Si Alpedrete de la Sierra parvient à maintenir cet équilibre entre visibilité et soin, il continuera à être pendant de nombreuses années l’un de ces coins qui semblent volontairement réservés à ceux qui savent les chercher.






