François Fillon a chargé jeudi Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, d'engager l'élaboration d'un nouveau plan autisme, décrété Grande cause nationale 2012, qui doit notamment permettre à la France de poursuivre le rattrapage de son retard en matière de prise en charge.
Le Premier ministre a reçu jeudi matin à Matignon le collectif d'associations "Ensemble pour l'autisme", avant d'appeler dans un discours à "un sursaut collectif et une mobilisation nationale pour changer notre regard" sur l'autisme, qui touche entre 300.000 et 500.000 personnes en France.
Le label "Grande cause nationale" permet notamment à des associations qui souhaitent organiser des campagnes faisant appel à la générosité publique, d'obtenir des diffusions gratuites sur les radios et les télévisions publiques.
"J'ai pu entendre que le choix de cette thématique était +risqué+ et que les distinctions parfois subtiles dans les modes d'appréhension de l'autisme faisaient que cette maladie ne se prêtait pas vraiment à une démarche du type +Grande cause nationale+", a souligné M. Fillon. "Nous avons tenu bon parce que nous pensons exactement le contraire", a-t-il ajouté, appelant à la mobilisation pour combattre "les préjugés" qui perdurent au sujet de l'autisme.
Outre la réactivation du Conseil national de l'autisme, le chef du gouvernement a chargé Mme Bachelot d'engager l'élaboration d'un nouveau plan, après le plan 2008-2010 qui n'a pas atteint tous ses objectifs en terme de créations de places.
Ce nouveau plan "devra continuer l'effort de rattrapage sur le déploiement de nouvelles structures de prise en charge", a prévenu M. Fillon, fixant comme autre priorité l'intensification de "l'effort de recherche".
Il a également relevé qu'en matière d'accueil scolaire, les crédits de l'Education nationale passeraient de 350 à 450 millions d'euros l'année prochaine.
M. Fillon a par ailleurs critiqué sans la citer la méthode controversée du packing (enveloppement dans des linges froids) chez les enfants autistes, qui s'est développée depuis les années 80.
"Nul ne peut accepter qu'aujourd'hui en France perdurent des traitements qui ne seraient pas respectueux de la dignité et des droits de la personne", a mis en garde M. Fillon. Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, devra "veiller de près" à cette question, a-t-il indiqué.
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