La France a, pour la deuxième fois en quelques mois, rappelé pour consultations son ambassadeur en Syrie, Eric Chevallier, a annoncé mardi le ministère français des Affaires étrangères, une décision qui fait suite à une mesure similaire prise par plusieurs pays européens.
"Face à l'aggravation de la répression menée par le régime de Damas contre sa population, les autorités françaises ont décidé le rappel pour consultations de l'ambassadeur de France en Syrie", a déclaré lors d'un point-presse le porte-parole du ministère, Bernard Valero.
Le retour du diplomate aura lieu "dans les prochains jours", a précisé le porte-parole.
"Nous avons engagé des discussions à Bruxelles avec nos partenaires pour un nouveau renforcement des sanctions", a aussi confirmé Bernard Valero, en précisant qu'elles seraient d'ordre économique. Selon des diplomates à Bruxelles, elles viseraient la Banque centrale syrienne et les ventes d'or et de métaux précieux.
Ce nouveau renforcement des sanctions à l'échelon européen avait été évoqué dimanche par le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, au lendemain de l'échec de l'Occident à faire adopter à l'ONU une résolution condamnant la répression en Syrie, combattue par la Russie et la Chine.
Mardi matin, l'Italie avait déjà annoncé avoir rappelé son ambassadeur en Syrie "pour consultations", après "les inacceptables violences perpétrées par le régime de Damas", tout en maintenant ouverte son ambassade.
Lundi, la Grande-Bretagne avait indiqué avoir aussi rappelé son ambassadeur pour consultations, également en raison de la répression sanglante exercée par le régime syrien de Bachar al-Assad. Le même jour, les Etats-Unis ont fermé leur ambassade à Damas et évacué leurs derniers fonctionnaires présents en Syrie.
C'est la deuxième fois en quelques mois qu'Eric Chevallier est rappelé à Paris. Il avait déjà quitté la Syrie à la mi-novembre, également "pour consultations", après des violences ayant pris pour cibles les intérêts français dans ce pays. Il était retourné à Damas début décembre.
"Nous attendons de la visite (du chef de la diplomatie russe, Sergueï) Lavrov à Damas qu'il fasse prendre conscience au régime syrien de son isolement et qu'il apporte son soutien au plan de la Ligue arabe, une initiative courageuse qui doit être la base de tout règlement de la crise syrienne", a aussi déclaré Bernard Valero.
Des entretiens entre le ministre russe et le président al-Assad ont débuté mardi matin dans la capitale syrienne.
A propos de l'annonce d'une initiative turque sur la Syrie, la France n'a "pas de détails", a-t-il ajouté, assurant suivre "cela avec beaucoup d'attention". Les relations politiques de la France et de la Turquie sont actuellement gelées en raison de l'adoption d'une loi sur le génocide arménien, non reconnu par Ankara.
"Notre objectif est de mettre un terme à la répression" en Syrie, a enfin affirmé le porte-parole français, en s'alarmant du nombre croissant d'enfants tués dans ce pays.
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