Après la lutte contre les déficits et le Produire en France, François Bayrou a présenté samedi ses propositions pour l'Education, troisième priorité de sa campagne, se posant en défenseur des enseignants contre la "démagogie" de ses concurrents François Hollande et Nicolas Sarkozy.
Le président du MoDem s'est exprimé lors du discours de clôture du deuxième des quatre forums programmatiques de sa campagne, consacré à l'Education, auquel participaient 700 personnes, selon les organisateurs.
"Nous avons l'intention d'installer le verbe +instruire+ au coeur de la campagne électorale comme nous avons installé le verbe +produire+", a proclamé M. Bayrou en ouverture des débats.
"Ces deux verbes sont intimement liés" car "il n'y a pas de +réarmement+ productif du pays si, en même temps, il n'y pas un + réarmement+ éducatif. L'un soutient l'autre", a-t-il justifié.
C'est la raison pour laquelle, le leader candidat, qui a fait de la lutte contre l'endettement sa marque de fabrique en proposant notamment de geler les dépenses de l'Etat pendant deux ans, fera une exception pour l'Education dont il maintiendra "les moyens existants".
Mais la question des moyens "n'est pas la question clé", a-t-il estimé prenant ses distances avec François Hollande dont il juge peu réaliste la proposition de 60.000 postes supplémentaires.
Toujours soucieux d'équilibre dans ses critiques, il a taclé sans le nommer Nicolas Sarkozy qui entend redéfinir le métier et les missions des enseignants, suggérant qu'ils pourraient "accepter d'être plus présents dans les établissements" au delà des 18 heures de classe hebdomadaires réglementaires pour les professeurs certifiés et des 15 heures pour les agrégés.
"Ceux qui mettent en accusation" les enseignants "disant qu'ils ne travaillent pas assez, ne tiendraient pas deux heures en face d'une classe de collège", a-t-il lancé, en se disant opposé à la remise en cause du décret de 1950 qui définit leur statut. "La définition du temps de travail est légitime", a-t-il dit.
Dans la même veine, il a également dénoncé "l'idéologie dangereuse" de ceux qui prétendent changer le comportement des enseignants par "la carotte financière".
"Ils ne comprennent pas ces obsédés de la prime (et sans doute un jour de la sanction financière) qu'il est d'autres valeurs, d'autres raisons de vivre que l'argent, et ces valeurs, c'est à l'école qu'on les apprend", a-t-il lancé.
Contre la "réformite" de ses concurrents et prédécesseurs, l'ex-ministre de l'Education a opposé "un plan de progrès continu à long terme".
Son objectif: "faire entrer l'école française dans les cinq ans les dix premières du classement international pour la compréhension de l'écrit, du calcul, des connaissance scientifiques et de la lutte contre les disparités sociales".
Parmi ses priorités figure la maîtrise des fondamentaux: "je proposerai que tant que cela est nécessaire, 50% du temps scolaire à l'école primaire soit consacré à la maîtrise de l'écrit et à la langue française".
"Aucun élève ne doit entrer au collège sans qu'il soit garanti qu'il maîtrise la lecture et l'écriture. Et, s'il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l'écrit", a-t-il ajouté.
Pour les élèves "en situation de rejet de l'école", "un collège hors les murs" avec des "pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction", a-t-il dit sans en préciser la forme.
Parmi ses autres propositions figurent une révision des rythmes scolaires avec pas plus d'une trentaine d'heures par semaine, devoirs compris et la création baccalauréat d'excellence, à la fois littéraire et scientifique.
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