Un homme de 39 ans, en libération conditionnelle depuis un an après une condamnation pour viol, a reconnu avoir enlevé, agressé sexuellement et tué dimanche soir une jeune joggeuse et doit être présenté à un juge mercredi matin, a annoncé mardi le procureur de Lille Frédéric Fèvre.
Il devrait être déféré pour "enlèvement et séquestration", "viol suivi de meurtre", mais la qualification des faits pourraient être affinée d'ici à mercredi matin, a déclaré le magistrat lors d'une conférence de presse au tribunal de Lille.
Ces faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité, et le placement en détention provisoire sera requis. On ignore pour l'heure si la victime a été violée, selon le procureur.
La jeune femme de 29 ans, cadre dans l'enseigne de magasins de sports Décathlon, était partie dimanche soir pour faire son jogging à Marcq-en-Baroeul (Nord), ville résidentielle de la banlieue lilloise, selon une source proche du dossier. S'inquiétant de ne pas la voir rentrer, son compagnon s'est lancé à sa recherche avec des amis, en vain, avant d'alerter la police, selon le procureur.
Lundi matin les policiers ont trouvé sur un chemin des sous-vêtements et un couteau. Le corps de la victime a été retrouvé dans la nuit sur un chemin de la forêt de Phalempin, à une vingtaine de kilomètres du lieu de l'enlèvement, sur les indications du suspect.
Un témoin avait signalé aux enquêteurs la présence d'un individu et avait relevé le numéro d'immatriculation de sa voiture, a expliqué M. Fèvre. Ce "témoignage déterminant" a permis l'interpellation du suspect, qui a reconnu "l'ensemble des faits", selon lui. La victime a été étranglée et mortellement blessée à l'arme blanche, semble-t-il avec un tournevis.
En garde à vue, le chauffeur-livreur présentant une "surcharge pondérale très importante", a invoqué avoir eu des "pulsions irrépressibles", selon le magistrat. Selon une source proche du dossier, l'enlèvement aurait été prémédité : le livreur a été trouvé en possession de ruban adhésif destiné à entraver une future victime.
Le 21 février 2006, il avait été condamné par les assises des Hauts-de-Seine à 10 ans de réclusion criminelle pour viol sous la menace d'une arme, selon une source proche de l'enquête. Cette première victime était également une joggeuse, qui avait le "même profil", selon M. Fèvre.
Le suspect avait fait l'objet d'une libération conditionnelle à mi-peine, en septembre 2009. Il s'était "très bien comporté" en détention, et avait respecté toutes les obligations judiciaires et médicales qui lui étaient imposées depuis sa libération, a expliqué M. Fèvre.
Il faisait l'objet d'un suivi socio-judiciaire, avait été reçu par un juge d'application des peines, et pris en charge par le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), un médecin et un psychiatre. Il figurait également au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles.
L'autorité judiciaire avait pris "un maximum de garanties", selon le procureur, qui estime que cette affaire montre que "la limite de l'action du juge, c'est le libre arbitre de l'individu".
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