La position d'Eric Woerth est désormais "intenable" après qu'il eut reconnu son intervention dans l'attribution de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, estiment les éditorialistes de vendredi, beaucoup jugeant inévitable le départ du ministre du Travail.
"De vérité partielle en demi-mensonge, de démenti embrouillé en dénégation floue, de soutiens incertains en esquisse de lâchage, le calvaire d'Eric Woerth continue", écrit Laurent Joffrin dans Libération.
"En Suède et dans toute la Scandinavie, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, Eric Woerth aurait déjà démissionné et ce sont les membres de son propre parti qui l'auraient exigé", assure Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.
"Heureux Eric Woerth, ministre de la si indulgente République française !", ironise Rémi Godeau dans L'Est républicain.
Mais, à cinq jours du débat sur la réforme des retraites, la situation est de l'avis des éditorialistes "franchement inconfortable" (Bruno Dive, Sud-Ouest) ou carrément "intenable" (Jean-Marc Chevauché, Le Courrier picard). "C'est le coup de grâce", assène Daniel Ruiz dans La Montagne.
Pour Yann Marec, du Midi libre, "il semble évident que le ministre a pris le chemin de la disqualification" et "vient d'abattre le château de cartes construit autour de sa personne".
"A trop protéger le soldat Woerth, Nicolas Sarkozy risque de rater la réforme des retraites, de discréditer toute la classe politique", estime Rémi Godeau.
"On en est arrivé à un stade +critique+ où Nicolas Sarkozy, faute de prendre ses distances avec Eric Woerth, risquerait d'être éclaboussé par +l'affaire+", abonde dans le même sens Jacques Camus dans La République du Centre.
La conséquence, pour la plupart des éditorialistes, est un départ du ministre, évoqué avec force métaphores. "La tentation, de plus en plus, se fera jour de sacrifier le fantassin blessé pour sauver la troupe", prédit Laurent Joffrin (Libération).
"Malgré l'agenda social, le ministre du Travail semble donc promis à une rapide retraite progressive, sinon anticipée", selon Jacques Camus (République du Centre).
"Eric Woerth a encore une lettre à écrire aujourd'hui. Celle qu'attend peut-être François Fillon", conclut Jean-Marc Chevauché du Courrier picard.
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