Meurtre de William Modolo: "tout le monde a participé", assure le principal accusé
AFP | 02/09/2010 | 17:29
© AFP - Gerard Julien

Jean-Pierre Planqueel, accusé d'avoir assassiné un jeune homme de 21 ans, William Modolo, à coups de pierre en 2006, a déclaré jeudi devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence que "tout le monde a(vait) participé", alors que certains accusés minimisent ou réfutent leur participation aux sévices.

Au fil du récit des atrocités qu'ils ont fait subir au jeune homme, les accusés, chacun à leur tour, ont livré des versions différentes de ce 18 mai, jour au cours duquel la victime a été assassinée.

Mais les déclarations des uns et des autres semblent bien confirmer que la bande dans son ensemble a été impliquée, contaminée par un "sadisme de groupe" comme l'a décrit un expert psychiatre.

Planqueel, considéré comme le chef du petit groupe, a d'ailleurs insisté sur la participation individuelle de chacun des quatre autres accusés aux faits examinés par les assises depuis lundi.

"Tout le monde a participé", a-t-il dit alors que Barbara Jean-Louis, 28 ans, Aurélie Piteux, 24 ans, Arnaud Frapech, 30 ans, et dans une moindre mesure, Franck Julien, 39 ans, refusent de reconnaître certains faits.

Barbara Jean-Louis, qui est notamment accusée d'avoir éclairé William Modolo avec son téléphone portable alors qu'il était lapidé et de l'avoir déshabillé après sa mort pour faire disparaître les traces du meurtre, dit qu'elle a été forcée par Planqueel qui la menaçait.

"Si elle dit qu'elle a été forcée, elle prend moins, si elle dit pas ça, elle prend plus, c'est pas compliqué", explique ce dernier.

"Je ne me suis pas dit que c'était grave, grave, j'étais perdue", a pour sa part confié Aurélie Piteux, voix éteinte dans le box alors que certains témoignages affirment qu'elle a crié à son compagnon, Planqueel, "Tue-le, Tue-le", lorsqu'il s'acharnait sur la victime.

Franck Julien a réaffirmé jeudi qu'elle avait également porté des coups.

Lui-même ne reconnaît pas avoir violé la victime avec une bouteille. Tout juste admet-il lui avoir arraché deux dents. Pourtant, Planqueel confirme là encore qu'il l'a bien sodomisé avec lui.

Décrit par une expertise psychologique comme n'ayant pas "totalement conscience de la gravité de sa participation aux faits cités", il a lancé: "William, il est mort, il est mort, j'y peux rien ! Je lui ai arraché deux dents, je vais pas payer toute ma vie" ou encore : "je suis pas un tortionnaire".

Planqueel dit également que l'idée d'aller dans les Alpilles tuer William et l'enterrer est venue de Frapech. Lui nie et affirme qu'il était "défoncé". "Gros mytho", lance Julien.

"J'ai été lâche, j'ai mal agi, j'ai été une grosse merde, une sous-merde parce que j'ai fui", a affirmé Frapech à de multiples reprises. "Vous n'avez pas l'impression de continuer à fuir ?", l'a interrogé le président de la cour d'assises.

"Ferme ta gueule maintenant", a de son côté crié le père de la victime, face au discours répétitif de l'accusé.

Pour Frapech, il n'y a eu qu'une simple bagarre entre lui et la victime, des faits qui ne sont passibles d'aucune condamnation pénale, a fait remarquer l'avocat général, Roland Mahy, s'indignant du "haut degré de veulerie" de Frapech.

Les interrogatoires doivent se poursuivre vendredi.

Le verdict est attendu le 10 septembre.

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auteur: Eloi ROUYER | publié le: 02/09/2010 | 17:29