Deux aides-soignantes d'une maison de retraite du Finistère qui, pour s'amuser, avaient écrit des messages sur les fesses d'une patiente âgée et dépendante ont été condamnées jeudi à 800 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Quimper, a-t-on appris auprès d'un de leurs avocats.
Les deux femmes, mises à pied pour une durée de quatre mois par l'établissement de Plonéour-Lanvern, ont été condamnées pour violences volontaires sur personne vulnérable. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Le président avait dénoncé des "actes immatures" et le fait que la retraitée ait été considérée "comme un objet".
Les deux soignantes devront également verser 1.000 euros de dommages et intérêts.
En 2009, une des employées qui badigeonnait les fesses d'une pensionnaire avec de l'éosine, un produit désinfectant coloré, en avait profité pour écrire un message à l'attention d'une collègue.
Quelques heures plus tard, celle-ci lui avait répondu en utilisant le même support, en l'occurrence les fesses de la victime, une femme dépendante souffrant de la maladie d'Alzheimer.
Lors de l'audience, les deux aides-soignantes avaient demandé pardon, évoquant une "bêtise, pas une violence". Mais la procureur leur avait opposé que les violences "n'étaient pas forcément physiques, mais aussi morales".
"Le tribunal s'est appuyé sur la convention européenne des droits de l'Homme et du conseil de l'Europe stipulant qu'il y a violence quand il y a atteinte à l'intégrité corporelle", s'est félicité Me Franck Buors, avocat de la famille de la victime. "Parce qu'une personne est vulnérable, elle doit être davantage protégée", a-t-il ajouté.
Me Vincent Omez, avocat d'une des agents, a pour sa part indiqué à l'AFP que si les faits étaient "moralement condamnables", il n'y avait eu "ni atteinte physique, ni choc émotionnel, ni volonté de nuire".
"Il n'y a pas eu de maltraitance, il n'y a pas eu de violences, mais un soin qui a dérapé", a ajouté Me Jean-Paul Hoche-Delchet, qui défendait l'autre aide-soigante, "une professionnelle très bien notée".
Les deux avocats, qui avaient plaidé la relaxe, ont annoncé leur intention de faire appel.
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