A Villers, l'incompréhension après la découverte des infanticides
AFP | 29/07/2010 | 12:06
© AFP - Denis Charlet

"J'ai une pensée pour tous les enfants du monde", souligne jeudi l'abbé Robert Meignotte, responsable de la paroisse de Villers-au-Tertre (Nord), qui comme tous les riverains "ne comprend pas", au lendemain de la découverte de huit cadavres de nouveaux-nés.

"Très gentils, discrets, sans histoire" sont des qualificatifs qui reviennent sans cesse dans la bouche des riverains de Villers au sujet du couple de quadragénaires arrêté mardi par les gendarmes après la découverte samedi des deux premiers cadavres par les nouveaux occupants de la maison des parents du couple.

La mère a été mise en examen pour "homicides volontaires sur mineurs de moins de 15 ans" et son mari pour "non dénonciations de crimes et recels de cadavres" à propos de la mort des huit nouveau-nés.

L'abbé Meignotte, très ému, dépose huit bougies sur un petit autel improvisé au pied d'une plante, devant le portail sous scellés de la maison où résidait le couple et où les gendarmes ont retrouvé les six derniers corps, mercredi.

"J'ai une pensée pour ces petits qui n'ont pas demandé à naître et qu'on jette quelques heures après", déclare l'abbé.

"On est vraiment sous le choc", explique Catherine, qui habite en face de la maison où résidait le couple. "Ce sont des gens qu'on aime bien", dit-elle, avant de confier qu'elle n'avait "jamais rien remarqué".

"Ca ne correspond pas à ce que je connais d'eux", renchérit Thérèse Gay, secrétaire de mairie, tout en avançant que la femme du couple est "un peu corpulente": "Quand on est un peu rond, on ne voit pas trop le changement", explique-t-elle à propos des grossesses passées inaperçues.

Villers est une commune coquette, aux jardins fleuris, où résident 620 habitants et où "il ne se passe jamais rien", de l'aveu même du maire, Patrick Mercier.

Jeudi, seule l'agitation causée par la presse présente en nombre troublait le calme des habitants, souvent murés dans le silence pour préserver leur anonymat et "ne pas salir" l'image du village.

Patrick Mercier connaît bien l'homme, employé comme charpentier dans le bâtiment et qui avait entamé son "troisième mandat" de conseiller municipal à Villers, où il s'occupait du comité des fêtes.

Il le décrit comme quelqu'un de "respectable" et parle d'un "couple uni", dont la femme, "une personne qui sortait très, très peu" avait "un problème de poids".

"Je pense qu'il y a beaucoup de souffrance derrière", estime une voisine de l'ancienne maison du couple, qui dépeint cette aide-soignante comme "une dame très souriante, très gentille", qui venait régulièrement soigner son père, à quelques mètres de là.

"Je n'arrive pas à intégrer", confie-t-elle, le regard dans le vague.

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auteur: Nicolas GUBERT | publié le: 29/07/2010 | 12:06