Les syndicats refusent le débat télévisé avec Woerth
AFP | 09/09/2010 | 13:31
© AFP - Patrick Kovarik

Les leaders syndicaux ne donneront pas la réplique jeudi à Eric Woerth lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2, affichant leur refus du débat télévisé avec le ministre du Travail, qui n'est plus, selon eux, en première ligne dans le dossier des retraites.

Après l'annonce des aménagements à la réforme par l'Elysée, la présence à l'émission politique de France 2 du chef du gouvernement François Fillon a renforcé auprès des dirigeants syndicaux la conviction que le ministre, empêtré dans l'affaire Bettencourt, ne joue plus les premiers rôles.

"Ils (les responsables syndicaux) ont expliqué qu'ils n'avaient pas de raison de discuter avec Eric Woerth puisque c'est à l'Elysée que tout se décide", a déclaré Arlette Chabot, la présentatrice d'"A vous de juger", dans un entretien au Parisien jeudi.

Invités de l'émission de France 2, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, et son homologue de la CGT, Bernard Thibault, ont déjà avancé leurs arguments pour décliner un débat direct avec le ministre devant les caméras.

M. Chérèque a prévenu à l'avance, lors de la journée d'action de mardi sur les retraites, qu'il ne dialoguerait sur France 2 qu'avec "celui qui a le pouvoir de s'exprimer sur le sujet".

"Je ne veux pas commenter les décisions du Premier ministre avec le ministre du Travail, quel que soit le ministre du Travail. Je respecte M. Woerth mais ce n'est quand même pas nous qui décidons de le mettre dans cette situation-là", avait-il souligné.

Au soir des manifestations contre la réforme des retraites, M. Thibault avait déjà refusé un face-à-face avec le ministre sur le plateau du JT de TF1, craignant le parasitage de l'affaire Bettencourt.

"Je ne souhaitais surtout pas prendre de risques pour ne pas discuter du fond du sujet, l'avenir des retraites. C'est bien le sujet des retraites et non l'avenir de M. Woerth qui doit être d'actualité", avait-il justifié.

Selon le dirigeant de la CGT, cela peut "être un risque de se retrouver sur le même plateau et de glisser ou nous faire glisser sur ce propos qui n'est pas essentiel aujourd'hui".

Hors des studios de télévision, les responsables syndicaux n'ont en revanche pas annoncé de boycottage du ministre du Travail.

"Nous n'avons pas la volonté de ne pas parler à M. Woerth", a-t-on assuré dans les rangs de l'intersyndicale, qui a appelé mercredi soir à une nouvelle journée d'action le 23 septembre.

Contacté par l'AFP, le ministère du Travail n'avait "pas de réaction à ce stade".

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publié le: 09/09/2010 | 13:31