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L'infanticide "entre en contradiction avec la représentation du rôle de la mère"
AFP | 30/07/2010 | 05:40
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Les affaires d'infanticide comme celle de Villers-au-Tertre, où une mère est soupçonnée d'avoir tué ses huit nouveau-nés, "heurtent profondément" parce qu'elles sont "en contradiction avec la représentation de la mère, forcément bonne", souligne le psychiatre Jean-Claude Pénochet.

Q - Qu'est-ce qui peut expliquer l'infanticide ?

R - "L'infanticide soulève moins la question de l'existence ou non d'un instinct maternel que celle de la complexité du développement et de l'élaboration chez la femme de son rôle maternel et des liens mère-enfant, qui passent par plusieurs étapes susceptibles d'être bouleversées ou abolies".

"La répétition en série de l'acte, qui laisse imaginer une détermination dans la volonté meurtrière, d'autant plus mortifère qu'elle paraît absurde - pourquoi ainsi donner la vie pour la supprimer ? - nous interroge en réveillant en nous les angoisses les plus profondes. De là l'effroi individuel et collectif devant l'infanticide opéré par la mère dans nos cultures.

Q - Les mères qui tuent leurs nouveaux-nés sont-elles malades ?

R - "C'est avec beaucoup de réserve qu'il faut aborder de telles affaires dont la complexité exige beaucoup de prudence et la position psychiatrique ne peut qu'être très modeste.

Hormis les cas de complications psychiatriques de l'accouchement ou de mélancolie délirante, l'infanticide résulte habituellement d'un processus complexe, dont le déni de grossesse peut faire partie. La signification ultime du geste renvoie alors souvent à une tentative d'effacement de la réalité.

Il est rare qu'il s'agisse du simple refus d'une maternité devant l'incapacité matérielle ou psychologique à accueillir l'enfant. Mais tout est possible et il appartiendra aux experts, seuls à pouvoir le dire après des examens approfondis, d'en décider".

Q - Comment un geste aussi grave peut-il être commis par des gens présentés comme sans histoire ?

R - "Cela illustre notre difficulté à se représenter la possibilité d'un tel acte : comment peut-on appartenir à une communauté de valeurs et en transgresser les règles qui la fondent sans apparaître dément ?

L'intensité de l'horreur soulevée n'en est que plus grande devant ce double paradoxe : celui de l'absence apparente de marginalité et celui de l'absence de trouble psychique reconnu".

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publié le: 30/07/2010 | 05:40