«C’est toujours un moment que l’on aime bien...» confie Julien Militon, au moment d’attaquer en ce mercredi de mai sa 9ème saison comme gardien du refuge d’En Beys au côté de Sylvain Freche.
Ils passeront 4 mois à près de 2000 mètres d’altitude, dans ce refuge que l’on atteint en 3h de marche depuis le parking de Fanguil, en plein cœur de la Réserve nationale d’Orlu en Haute-Ariège.
Construit sur l'emplacement d'une ancienne cabane, il a ouvert en 1978, puis a été agrandi en 1988.
Là haut, c’est encore le calme des premiers jours avant le boom des mois de juillet et d’août, «un moment où on a vraiment le temps d’échanger avec les gens qui passent»
Même s’il reste encore des dizaines de cartons à déballer. En 7 rotations, l’hélicoptère a laissé 4,7 tonnes de vivres et de matériels, en présence de nombreux montagnards venus donner un coup de main.
Car derrière la carte postale, la gestion d’un refuge de haute montagne (par définition isolé) implique une sérieuse logistique.
Avec du gaz, des boissons, des conserves, des produits frais (pains, légumes), le refuge pourra tenir jusqu’au prochain ravitaillement au mois de juillet. Le reste est monté à pied.
Et il faut maintenant s’atteler à remettre le bâtiment (d’une capacité d’accueil de 70 personnes) en état de marche. Le «redéplier», comme dit son gardien après des mois de sommeil hivernal.
Des randonneurs, des retraités, des groupes, des scolaires, des pêcheurs... des dizaines de personnes y passeront la nuit.
«L’an dernier on a fait presque 3000 nuitées» explique Julien Militon, qui a vu son métier évoluer au fil des années, avec la démocratisation de l’accès à la montagne.
Les gardiens de refuge sont des écolos avant l’heure, puisque les conditions de la haute-montagne les ont toujours obligé à être économe en énergie et à trier leurs déchets.
Aujourd’hui «la première chose que beaucoup de randonneurs demandent est: est-ce que vous avez des douches ?! On passe aussi notre temps à expliquer d’où vient l’eau et comment on gère les déchets: tout ce que l’on monte en montagne, il faut le redescendre !»
Au refuge d’En Beys, l’électricité fonctionne avec le solaire. Pour l’eau, un captage est installé sur le lac. Le gaz (pour la cuisson et l’eau chaude) est acheminé par les airs. Quant aux déchets, «ils sont redescendus par hélicoptère»
On est loin de la cabane sommaire qui accueillait autrefois les montagnards pour la nuit.
Refuge d’En Beys
05 61 64 24 24
http://www.refuge-enbeys.com
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