L’abandon scolaire, ou décrochage, correspond à l’arrêt d’un cursus en cours, c’est-à-dire avant qu’il ne soit terminé, ou bien avant l’obtention du diplôme qui lui correspond.
En France cela concerne chaque année plus de 120 000 jeunes.
L’éducation est un droit pour tous les jeunes résidents en France jusqu’à 16 ans. Ce droit a pour corollaire l’obligation d’assiduité.
L’école assure la prévention, le repérage et le traitement du décrochage scolaire à travers des mesures spécifiques.
Comprendre les processus de déscolarisation est le meilleur moyen de les prévenir.
Le décrochage est souvent multifactoriel et ses processus complexes.
La manière dont le jeune se détache de l’école s’inscrit dans son parcours scolaire et personnel.
C’est à l’initiative de Martin Hirsch, haut commissaire à la jeunesse, qu’une expérience a pu être mise en place à partir de 2009 et pour trois ans en Midi-Pyrénées.
Une expérience pilotée par la Ligue de l’Enseignement et dont le bilan sera dressé par l’université de Toulouse le Mirail, ayant pour finalité d’initier une méthode de travail afin de lutter contre le décrochage scolaire.
Selon Sabine Gioiosa, conseillère en insertion, coordinatrice des actions menées avec les apprentis et les jeunes inscrits en mission locale, «c’est un ensemble de choses qui font qu’on décroche.
On peut avoir des problèmes familiaux, sociaux, des problèmes de compréhension scolaire, d’absentéisme… on se retrouve face à un jeune qui commence à décrocher parce qu’il ne s’en sort pas à l’école et qui n’a pas d’écoute suffisante à la maison.
Il décroche petit à petit et pour peu qu’il goûte à l’alcool ou à la drogue…»
Pour Véronique Bordes, maître de conférence à l’université Toulouse le Mirail, le décrochage est généré par le système scolaire mis en place, produit par la société: «aujourd’hui il faut avoir à tout prix un diplôme et la pression est mise très tôt sur les enfants dès l’école primaire on parle d’excellence et si on n’est pas excellent on est expulsé du système scolaire»
Cette expérimentation s’est appuyée sur les établissements scolaires (lycées professionnels), des missions locales pour repérer au plus tôt les jeunes et pour voir ce qu’il était possible de faire.
Ce projet a été financé par le fonds d’exploitation pour la jeunesse dans le cadre de l’appel à projet n°1 lancé en avril 2009 par le ministère en charge de la jeunesse.
«Nous n’avons pas vocation de trouver la panacée universelle, précise Jean-Jacques Michau, secrétaire général de la Ligue de l’Enseignement.
Nous avons pris contact avec le Rectorat, le Conseil Régional en charge de l’apprentissage pour voir sous qu’elles formes des actions pouvaient être mises en place, pour aider ceux qui ont la responsabilité des jeunes (parents, établissements scolaires…) à mettre en œuvre des actions qui peuvent remettre dans le sens de la réussite ces jeunes-là car c’est l’avenir de nos enfants»
Même s’il existe un certain déterminisme à l’abandon scolaire, tous s’accordent à dire qu’il n’y a pas de fatalité.
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